Ce que contient le coût d'une installation énergétique
Le coût total d'une installation énergétique sur sa durée de vie complète, ce que les économistes appellent le TCO, Total Cost of Ownership, repose sur trois postes :
L'investissement initial. Le coût de l'équipement, de l'installation, de la mise en service. C'est le poste connu au départ, et souvent le seul qu'on compare entre solutions.
L'énergie achetée. Prix du gaz, fioul, volatiles, historiquement haussier, dépendant des marchés internationaux. Vous ne le contrôlez pas. Sur 25 ans, c'est de loin le poste dominant, sauf si vous passez à une technologie plus performante.
La maintenance, que nous pouvons diviser en 2 parties :
- La maintenance préventive : visites programmées, contrats d'entretien, relativement prévisible.
- La maintenance curative : pannes, remplacements, interventions d'urgence, est, par définition, imprévisible.
Sur le coût total de l'installation énergétique sur sa durée de vie, seule la maintenance préventive est connue à l'avance. Elle représente environ 5 % de ce total.
Les 95 % restants sont incertains, l’énergie étant même soumise à des marchés et à la géopolitique sur lesquels vous n'avez aucune prise.
Mesure, dimensionnement, entretien : 3 angles morts de l'installation énergétique classique
1. Personne ne mesure la performance réelle
Quand une installation est livrée, ses performances sont calculées sur la base du banc test dans le laboratoire d'essais. Ce que personne ne mesure ensuite, c'est la performance réelle dans votre bâtiment. Avec vos usages. Vos utilisateurs. Vos techniciens. Votre réseau. Vos variations saisonnières.
Un SCOP* annoncé à 3 peut très bien n'atteindre que 1.5 en conditions réelles. Si personne ne mesure. Personne ne le sait. Comme personne n'en est officiellement responsable, personne n’optimise le système s’il est en sous performance voire même personne ne corrige s’il est clairement défaillant.
*Le SCOP (Coefficient de Performance saisonnier) mesure le rendement saisonnier d’une pompe à chaleur sur une année de chauffage.
Concrètement, un SCOP de 4 signifie que pour 1 kWh d’électricité consommé, la pompe à chaleur produit 4 kWh de chaleur. Plus le SCOP est élevé, plus l’installation est performante et économique.
Cas Concret : un compteur électrique et un compteur de gaz pour un bâtiment de 5000m2 comportant 3 chaufferies distinctes au gaz ou PAC air/eau ce n’est pas suffisant pour espérer optimiser ses consommations ou détecter les problèmes. Il faut pouvoir superviser chaque chaufferie de manière indépendante avec des sous-compteurs électriques et thermiques.
Cela permet de mesurer la performance de chaque pompe à chaleur à travers le calcul du SCOP soit chaleur fournit divisé par énergie consommé
2. Chaque intervenant livre sa partie, personne ne livre la performance
Dans un projet classique, le bureau d'études thermiques est missionné pour concevoir une installation conforme aux exigences réglementaires et adaptée aux besoins du bâtiment.
Mais sa mission s'arrête là. Il n'est pas missionné pour suivre la performance réelle dans le temps.
Le résultat n'est pas un problème de compétence. C'est un problème de périmètre : personne dans la chaîne classique n'est mandaté pour vérifier, trois ans après la livraison, que l'installation performe encore comme prévu. L'un a livré ses plans. L’autre a livré des calculs. Le dernier a livré son chantier. La mission est terminée. Personne ne livre les résultats physiques sur le terrain, ni ne s’engage sur la durée.
Ce qui manque, ce n'est pas leur expertise. C'est un acteur qui reste engagé sur la durée.
3. Il n'y a aucune incitation long terme à maintenir l’installation
Une installation énergétique est conçue pour durer 20 à 30 ans. La chaîne d'intervenants classique, elle, est organisée autour d'un horizon plus court : garantie de bon achèvement - 2 ans, garantie décennale - 10 ans.
Cinq ans après la livraison, tout le monde est content. L'équipement tourne. Les contrats d'entretien sont honorés. Mais personne ne se pose la question : est-ce que cette installation fonctionne toujours aussi bien qu’au début ? Est-ce qu'on a perdu 20 à 30 % d'efficacité faute d'optimisation ? L’installation va-t-elle encore durer 5, 10 ou 15 ans ?
Ce n'est pas une question de mauvaise volonté. C'est une question d'alignement des intérêts.
Celui qui a installé a été payé à la livraison. Celui qui maintient est payé à la visite. Tout est court terme. Ni l'un ni l'autre n'est rémunéré pour que votre installation performe encore dans 25 ans.
Les équipements de géothermie sont jusqu’à 2 fois plus durable que les autres technologies de CVC, encore faut-il que quelqu’un soit intéressé à leur durabilité effective.

La solution : une garantie de performance avec abonnement
Une garantie de performance, dans son principe, est simple.
Un prestataire s'engage contractuellement sur un niveau de performance mesurable - en général exprimé en rendement ou en énergie produite - sur une durée définie. Si la performance n'est pas au rendez-vous, des pénalités s'appliquent à sa charge.
Ce modèle existe. Il fonctionne. Et il a fait ses preuves dans d'autres secteurs bien avant d'arriver dans l’énergie dans le bâtiment.
Dans l'éolien, les contrats de maintenance des turbiniers garantissent contractuellement une disponibilité, en général autour de 97 %, avec des pénalités précises en cas d'écart. C'est une obligation mesurée, documentée. Résultat : une industrie optimise ses installations sur 25 ans.
Dans le photovoltaïque, la garantie de performance sur 25 ans est aujourd'hui le standard du marché. Les fabricants s'engagent sur une dégradation maximale annuelle de la puissance, au bout de 25 ans, les panneaux doivent conserver au moins 80 % de leur puissance initiale. C'est inscrit dans les conditions générales de vente. C'est opposable. Et c'est précisément cet engagement qui a structuré toute l’industrie autour de la durabilité.
Dans tous ces secteurs, le principe est identique : celui qui installe et maintient porte le risque de performance. Ce transfert de risque change radicalement les comportements à l'installation, à la maintenance, et sur toute la durée de vie du système.
Mais une garantie de performance n'est crédible que si celui qui la signe reste présent sur la durée. C'est pourquoi elle ne peut pas fonctionner dans un modèle où la mission s'arrête à la livraison. Elle exige un engagement continu, et donc un modèle économique qui aligne les intérêts du prestataire avec la performance réelle de l'installation, année après année. Un abonnement, par exemple, où la rémunération dépend du bon fonctionnement du système dans le temps, et non d'une vente ponctuelle.
Ce modèle n'est pas encore en place dans le marché de l’énergie dans les bâtiments tertiaires. Pourtant il existe et fonctionne dans le monde de l’énergie A CÔTÉ du bâtiment, et les acteurs du bâtiment peuvent s’en saisir.
Concrètement : quels indicateurs suivre ?
Deux paires d'indicateurs permettent de mesurer la performance réelle d'une installation thermique. Ce sont eux qui doivent figurer dans tout contrat de garantie de performance.
Le COP et le SCOP - pour le chauffage.
Le COP (Coefficient of Performance) mesure le rendement instantané d'une pompe à chaleur : pour 1kWh d'électricité consommé à un instant donné, combien de kWh de chaleur sont produits.
Le SCOP (Seasonal COP) est sa version annualisée : sa performance dépend des variations de température extérieures, des cycles d'arrêt-démarrage et des conditions réelles d'exploitation.
C'est le SCOP qui compte, pas le COP. Un équipement peut afficher un COP flatteur en laboratoire et délivrer un SCOP décevant sur le terrain, parce que les conditions réelles ne ressemblent jamais aux conditions du banc d'essai.
Un SCOP garanti contractuellement, c'est un engagement sur la performance annuelle réelle. Pas sur un instantané en conditions idéales.
L'EER et le SEER - pour le rafraîchissement.
L'EER (Energy Efficiency Ratio) mesure le rendement instantané d'un système en mode froid : pour 1kWh d'électricité consommé, combien de kWh de froid sont produits.
Le SEER (Seasonal EER) est là encore la version annualisée, intégrant les variations de charge et de température sur toute la saison estivale.
Les valeurs SEER sont souvent très élevées en géothermie parce que le sol reste frais en été, ce qui améliore mécaniquement l'efficacité du système.
Un SEER élevé garanti contractuellement, c'est la certitude que le rafraîchissement ne devient pas un gouffre énergétique lors des épisodes caniculaires, précisément quand il est le plus sollicité.
Ce qu'une garantie de performance doit couvrir
Pour être réellement protectrice, une garantie de performance ne peut pas se limiter à un chiffre de rendement sur papier. Elle doit couvrir l'ensemble du cycle d'exploitation.
- La performance énergétique réelle. Pas les performances théoriques du constructeur. La performance mesurée dans votre bâtiment, avec vos usages réels, sur l'année complète. Avec un engagement contractuel sur le rendement effectif, et des pénalités si l'objectif n'est pas atteint.
- La maintenance préventive. Incluse. Planifiée. Sans que vous ayez à l'anticiper dans votre budget.
- La maintenance curative. C'est là que la garantie prend tout son sens. Si le prestataire porte le risque de maintenance curative, il a un intérêt direct à entretenir l'installation correctement, à anticiper les défaillances, à préserver les composants sur la durée en évitant une usure prématurée par un mauvais réglage. L'alignement des intérêts se crée mécaniquement.
- La durée. Une garantie de performance sur 5 ans n’est pas utile si l'installation dure 25 ans, vous vous retrouvez exactement dans la même situation qu'avant : personne n'est responsable de ce qui se passe ensuite. Le vrai changement est son modèle : une garantie couplée à un abonnement, sans limite de durée, qui dure tant que vous utilisez le système. C'est à ce moment que l’on crée le plus de valeur parce que le prestataire n'a jamais de raison de se désengager.

Pourquoi cela change l'équation pour un propriétaire
Revenons au coût total de possession du système sur sa durée de vie (TCO)
Dans un système classique sans garantie :
- Le prix de l’énergie est volatil.
- La maintenance curative est par essence, non planifiée, très incertaine et peut être un très gros poste, avec les impacts opérationnels.
- La performance réelle n'est pas mesurée, personne n'en est responsable, et donc l’exploitation n’est pas optimisée.
Avec une garantie de performance :
- La maintenance curative est à charge du prestataire. Le risque est déporté sur un profesionnel qui peut le contrôler et est incité à être performant.
- La performance réelle est mesurée, documentée, contractuellement engagée.
- L'énergie consommée est réduite mécaniquement, parce que le prestataire a intérêt à optimiser les rendements.
La vraie question n'est pas de savoir si une technologie est moins chère qu'une autre à l'achat. C'est de comprendre pourquoi continuer à investir dans un actif dont le retour sur investissement n'est garanti par personne.
Et chez Le Bon Tuyau, voilà ce que cela donne concrètement
Le Bon Tuyau supporte 100% du coût des travaux, qu’il réalise avec ses prestataires. L’entreprise reste donc propriétaire, et aligne donc ses intérêts long terme avec ceux du propriétaire du bâtiment. Ces intérêts sont formalisés dans une garantie sur les équipements et sur la performance sans limite de durée. En contrepartie, le propriétaire paie un abonnement annuel.
C'est Le Bon Tuyau qui conçoit, finance, installe et maintient. C'est Le Bon Tuyau qui porte les risques techniques et financiers.
La technologie utilisée est la géothermie ou le solaire thermique. Notre conviction est que chaque bâtiment de 300 à 5000m2 devrait avoir une géothermie, car c’est la technologie qui apporte le plus de bénéfices pour un bâtiment tertiaire.
Ce qu'il faut retenir
Une installation énergétique sans garantie de performance et sans abonnement, c'est un investissement dont vous ne maîtrisez ni le rendement réel, ni les coûts de maintenance, ni la durée de vie effective.
Le secteur de l'éolien, du solaire ou les réseaux de chaleur urbains ont compris qu'aligner les intérêts du prestataire sur la durée est la seule façon de garantir la performance dans le temps.
La garantie de performance avec abonnement permet de transférer le risque de performance du propriétaire vers celui qui est en mesure de le maîtriser.
C'est ce que devrait exiger tout propriétaire d'un actif immobilier avant de signer un contrat énergétique.
Vous n’avez pas encore de garantie de performance, ou personne ne veut en prendre la responsabilité ? Prenez un rendez-vous avec Kilian ou Nicolas, nos experts énergie, pour voir ce que nous pouvons faire pour votre bâtiment !





